Au regard des remontées du terrain, des témoignages des agriculteurs et des premières évaluations réalisées dans les filières, les administrateurs de la FNSEA, réunis ce jour, alertent sur une situation d’une gravité inédite. Le chiffrage des pertes économiques reste encore incomplet, mais celles-ci seront considérables. Ils demandent au Premier ministre un plan de soutien exceptionnel pour apporter une réponse financière immédiate aux exploitations les plus touchées et une enveloppe de crise dans le projet de loi de finances pour 2027.
Depuis trois semaines, la canicule frappe durement l’ensemble de l’agriculture française. Pertes de récoltes ou d’animaux, pénurie de fourrages, baisse des productions, hausse des charges et tensions de trésorerie se multiplient, compromettant l’avenir de nombreuses exploitations.
Les premières estimations témoignent déjà de l’ampleur de la catastrophe. Les pertes économiques atteignent près de 25 % pour les fruits et légumes frais. Dans les zones intermédiaires, les rendements céréaliers reculent jusqu’à 20 %, tandis que la production de maïs accuserait des baisses pouvant atteindre 30 % à l’échelle nationale. Les filières d’élevage sont également durement touchées, avec une diminution de la production laitière pouvant aller jusqu’à 30 %. Dans le Grand Ouest, les éleveurs de porcs font état de pertes atteignant 30 % en porcherie, tandis que les éleveurs de volailles subissent eux aussi des pertes considérables.
Face à cette situation, la FNSEA s’est déjà mobilisée pour obtenir du Gouvernement les mesures d’urgence prévues en cas de canicule, à l’image de la dérogation sur les jachères, et a mobilisé son réseau autour de mesures d’entraide, comme l’opération de solidarité « paille et fourrages ».
Mais, face au caractère inédit de cette situation, il faut aller plus loin : le Conseil d’administration de la FNSEA demande au Gouvernement un plan de soutien exceptionnel pour apporter une réponse financière immédiate aux exploitations les plus touchées et une enveloppe de crise dans le projet de loi de finances pour 2027.
Soutenir les exploitations touchées et préserver notre potentiel de production est une question de souveraineté alimentaire. Il faut éviter une catastrophe économique sans précédent qui impactera, par ricochet, tous les territoires et plus largement les Français.
« Face à une crise de cette ampleur, les réponses ordinaires ne suffisent pas. J’appelle le Premier ministre à déployer des moyens exceptionnels : la France doit engager un plan de soutien immédiat pour les exploitations sinistrées, un plan d’investissement massif pour l’ensemble du monde agricole et enclencher la solidarité nationale. C’est une condition essentielle pour réhabiliter l’acte de production en agriculture, adapter nos outils et réaffirmer notre fierté de nourrir les Français, sinon et nous ne le savons que trop bien, ce sont les importations qui prendront le dessus.» déclare Arnaud Rousseau, président de la FNSEA.