Cela fait deux ans que la FNSEA demande un « changement de logiciel », c’est-à-dire une nouvelle approche administrative des sujets agricoles. Concrètement, cela consisterait à rechercher des solutions aux problèmes posés en sortant de la logique de l’injonction administrative, du contrôle et de la sanction et en privilégiant des réponses positives sous forme d’incitation.
Le sujet de la haie était emblématique avec ses quatorze réglementations et ses autorisations dépendant d’administrations différentes, malgré le consensus existant sur l’intérêt environnemental du maillage bocager. La demande de simplification semblait, elle aussi, faire consensus. Mais, comme trop souvent, le résultat est à l’inverse de l’objectif affiché. Le guichet unique n’apporte aucun allègement administratif. Pire, l’instruction ministérielle ouvre la porte à des coefficients de remplacement de 1 à 2,5 là où le remplacement à l’identique aurait pu suffire.
Ainsi, non seulement une haie arrachée doit être remplacée, mais elle devrait s’accompagner d’une plantation supplémentaire. Quant aux dates d’interdiction d’entretien, elles demeurent aussi strictes et font fi des contraintes agricoles. En prétendant protéger les haies, les promoteurs de ce type de réglementation font tout l’inverse. Ils voudraient décourager les agriculteurs d’implanter des haies qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. Comment encourager les agriculteurs à planter des haies si les contraintes qui les accompagnent sont excessives et à perpétuité ? Il ne faut pas s’étonner, dès lors, des réticences à la replantation. Les agriculteurs sont volontaires mais, en procédant de la sorte, l’administration les décourage.
Le communiqué de presse de la FNSEA sur ce sujet est disponible à partir de ce lien.