Depuis le début de l’été, la FDSEA de la Manche, les JA50 et la FNSEA accompagnés de la Chambre d’agriculture se sont mobilisés sans relâche, sur le terrain comme auprès des pouvoirs publics, pour faire reconnaître les réalités vécues dans les exploitations agricoles. Les résultats obtenus démontrent que l’action syndicale est utile. Mais de nombreuses revendications restent encore à concrétiser.
Dès le début de la crise, notre réseau a agi pour préserver l’activité agricole. Dans la Manche, nous avons obtenu des dérogations pour l’irrigation des cultures légumières et l’abreuvement des animaux malgré les restrictions générales, porté les difficultés d’accès à l’eau auprès de l’administration, mis en place une veille incendie avec les services compétents en lien avec la Chambre d’agriculture. La plateforme Connectfourrage50 a également été lancée pour faciliter les échanges de fourrages entre agriculteurs.
Sous la pression du réseau FNSEA-JA relayée par FDSEA50 et JA50, l’État a annoncé plusieurs mesures dans le cadre du plan CASI. Parmi elles figurent un fonds national de réarmement agricole de 235 millions d’euros, dont2,7 millions pour la Manche, la prise en charge partielle des cotisations sociales, la prolongation de l’aide à l’achat d’engrais azotés, la prolongation du soutien au GNR, l’augmentation des avances PAC ainsi que plusieurs dérogations réglementaires. Ces mesures constituent une première réponse aux difficultés rencontrées sur le terrain.
Dans notre département, FDSEA50 et JA50 ont obtenu que ces aides soient prioritairement orientées vers les exploitations les plus fragilisées mais redressables, entre autres pour les producteurs de légumes, les arboriculteurs, les exploitants ayant récemment investi et les éleveurs particulièrement touchés par cet épisode. FDSEA50 et JA50 ont également porté la demande de reconnaissance de l’Indemnité de Solidarité Nationale (ISN) pour les cultures céréalières, fourragères, légumières et l’arboriculture, ainsi qu’une demande de dégrèvement généralisé de la taxe foncière sur le non bâti à l’échelle de tout le département.
Au-delà de la gestion de cette crise, l’année 2026 a permis des avancées importantes dans le cadre de la loi d’urgence agricole, mais elles restent à confirmer par décret : des règles applicables et adaptées aux bâtiments d’élevage aux réalités du terrain, de nouvelles dispositions concernant la protection des élevages, l’amélioration de la défense du revenu des agriculteurs, la sécurisation des exploitations contre les intrusions et les dégradations, la limitation de certaines distorsions de concurrence et la préservation du foncier agricole. Ces évolutions répondent à plusieurs revendications historiques de notre réseau.
Pour autant, les demandes de soutien à la trésorerie par des prêts à taux zéro (FDSEA50 et JA50 ont sollicité les organismes bancaires pour des prêts à taux préférentiels dans un cadre collectif et individuel), l’adaptation du régime des calamités agricoles à la réalité des prairies, l’accélération des projets de stockage de l’eau ou encore les aides à l’investissement pour mieux faire face aux futures canicules ne sont pas totalement satisfaites.
La FNSEA continue aussi de réclamer un renforcement du fonds de réarmement agricole, une prise en charge plus ambitieuse des cotisations sociales, la simplification des aides aux engrais, une mise en œuvre rapide des dégrèvements fiscaux et des solutions dignes pour les agriculteurs contraints de cesser leur activité. S’ajoutent à cela des demandes fortes concernant l’assouplissement de l’accès à l’ISN, la reconnaissance de la sécheresse 2026 comme cas de force majeure dans le cadre de la PAC, la réduction de la pression administrative et la traduction concrète des avancées de la loi d’urgence dans les politiques de gestion de l’eau.
Dans ce contexte, FDSEA50 et JA50 restent pleinement mobilisés. Les résultats obtenus prouvent que la détermination collective permet de faire avancer les dossiers. Mais les conséquences de la sécheresse et de la canicule ne disparaîtront pas avec les premières annonces. FDSEA50 et JA50 continueront à défendre chaque exploitation, à obtenir les moyens nécessaires pour traverser cette crise et à préparer l’agriculture manchoise aux défis climatiques de demain.