Le plan d’urgence présenté par Annie Genevard marque une première reconnaissance de l’ampleur de la catastrophe agricole que nous vivons. Mais derrière les annonces et les chiffres affichés, les réponses restent très éloignées de la réalité du terrain. La FNSEA l’a clairement indiqué, ce plan n’est pas à la hauteur des pertes subies par les exploitations françaises, y compris dans la Manche. Avec près de 10 milliards d’euros de pertes estimées, l’enveloppe d’un milliard apparaît davantage comme un signal politique que comme un véritable plan de sauvetage.
Dans le département, les éleveurs ont vu fondre leurs stocks de fourrages. Pour les autres agriculteurs et quelle que soit leur production, les coûts ont également explosé et les trésoreries se dégradent à une vitesse inquiétante. Beaucoup d’exploitants s’interrogent aujourd’hui non pas sur leurs investissements futurs, mais sur leur capacité à passer l’hiver. Les avances, les exonérations ou les reports sont utiles, mais ils ne compensent pas les pertes de production déjà subies.
FDSEA50 prend acte des quelques avancées obtenues : accélération des indemnisations, aides à la trésorerie largement pas à la hauteur des attentes, fonds de soutien pilotés par les préfets. Mais ces mesures restent insuffisantes face à l’urgence économique qui frappe les fermes.
Les agriculteurs de la Manche attendent des actes complémentaires nécessaires pour passer ce cap difficile : des moyens renforcés, une prise en compte réelle des pertes et surtout du cash en urgence pour renflouer les trésoreries, en plus d’une vision de long terme pour l’adaptation de notre agriculture. Car sans soutien à la hauteur des enjeux, ce ne sont pas seulement des exploitations qui disparaîtront, mais une part essentielle de notre souveraineté alimentaire et de la vitalité de nos territoires. Aujourd’hui, FDSEA50 ne demande pas de compassion ni l’aumône.
FDSEA50 demande des décisions à la hauteur de la crise.