Les Assises de l’Eau qui se sont déroulées le 22 septembre à Saint-Lô ont eu le mérite de mettre enfin sur la table une réalité que les agriculteurs vivent au quotidien : sans accès sécurisé à l’eau, il n’y aura ni souveraineté alimentaire, ni maintien de notre agriculture dans les territoires.
Sans nier la nécessité de partager la ressource en eau pour tous les usages, FDSEA50 et JA50 refusent toutefois que les agriculteurs soient les variables d’ajustement d’une politique de l’eau qui accumule les contraintes sans apporter de réponses concrètes. Produire de l’alimentation, maintenir des élevages performants, développer le maraîchage local ou encore préserver l’emploi dans nos territoires suppose de disposer des moyens nécessaires pour s’adapter.
La loi d’urgence agricole a permis quelques avancées. Mais sur le terrain, les procédures restent trop longues, les projets de stockage ou de mobilisation de la ressource continuent de se heurter à des obstacles administratifs disproportionnés.
Depuis plusieurs années, FDSEA50-JA50 avec la Chambre d’agriculture agissent. Un travail de fond est engagé pour objectiver les besoins des filières d’élevage et de maraîchage, identifier les secteurs les plus vulnérables et construire des solutions adaptées aux réalités de notre département. Ce travail en lien avec l’administration, les syndicats d’eau et l’agence de l’Eau, comme le prouve ce témoignage diffusé mardi soir au JT de France3 Normandie (cf. la vidéo) sur le recyclage de l’eau et la gestion de l’eau en production légumière, démontre que, bien loin des postures idéologiques, voire sectaires, il existe des réponses concrètes, équilibrées et responsables pour sécuriser la production agricole tout en respectant les enjeux environnementaux.
« Notre revendication est claire : l’eau doit être reconnue comme un véritable facteur de production. Cela passe par la simplification immédiate des procédures, l’accélération des autorisations de projets, le développement d’infrastructures de stockage adaptées aux territoires et un accompagnement financier à la hauteur des investissements nécessaires », comme l’ont réaffirmé les responsables de FDSEA50, JA50 et de la Chambre d’agriculture.
Au niveau national, la FNSEA porte aussi cette exigence : sortir d’une logique de blocage permanent pour entrer dans une logique d’adaptation. Car chaque litre d’eau mobilisé pour produire est aussi un litre investi dans notre souveraineté alimentaire.
Les agriculteurs de la Manche ne demandent pas des discours ni des promesses. Ils demandent le droit de préparer l’avenir. Les Assises de l’Eau ne doivent pas être un énième rendez-vous institutionnel. Elles doivent marquer le point de départ d’un changement de méthode et de décisions courageuses.
Sans eau, pas de production. Sans production, pas de souveraineté. Il est temps que les actes suivent enfin les constats.