Avec près de 1,5 million de signatures, la pétition contre la loi Duplomb pourrait entraîner un débat en séance publique à l’Assemblée nationale. Ce chiffre ne doit pas nous faire perdre de vue l’essentiel : cette mobilisation s’appuie sur des contre-vérités, des peurs instrumentalisées et une volonté claire de torpiller une loi votée démocratiquement.
Ce texte, fruit de nombreux mois de concertation, a été validé par une majorité de parlementaires, au terme d’un processus législatif respectueux de nos institutions. Pourtant, ceux qui ont combattu cette loi à chaque étape en déposant des milliers d’amendements, qui mènent des recours devant le Conseil constitutionnel, poursuivent leur offensive en agitant l’opinion publique. Ne soyons pas dupes : ce combat n’a jamais été pour la vérité ou pour la démocratie, mais bien pour empêcher à tout prix l’adoption d’un texte attendu par l’ensemble de la profession agricole.
Nous, agriculteurs, n’avons rien à cacher et rien à craindre d’un débat. À condition qu’il soit honnête, fondé sur des faits et des vérités, et non sur des caricatures ou des peurs fabriquées. Il est temps de ramener de la raison dans la discussion publique. Ceux qui, aujourd’hui, réclament un débat ont tout fait pour le fuir quand ils étaient minoritaires à l’Assemblée. Ils n’ont pas gagné dans l’hémicycle, alors ils cherchent à gagner dans la rue ou sur les réseaux.
Rappelons aussi dans quel camp se situe la radicalité : intimidations de parlementaires, harcèlement numérique, appels à la destruction de réserves d’eau ou à l’intrusion dans les élevages. Ces actes n’ont rien à voir avec le dialogue démocratique auquel, nous, agriculteurs, avons toujours participé avec responsabilité.
Mais surtout, remettons le contenu de la loi au cœur des échanges. Il ne s’agit pas de déréglementer pour déréglementer. Il s’agit de permettre à notre agriculture de survivre et de se développer dans un monde concurrentiel.
A titre d’exemple sur les produits phytosanitaires, nous demandons simplement que la science guide les décisions, comme le fait l’EFSA dans 26 pays de l’Union. Pourquoi la France devrait imposer des règles plus strictes que partout ailleurs, au risque de fragiliser ses agriculteurs ?
Sur l’élevage, nous défendons un modèle à taille humaine, familial, qui est confronté à des normes toujours plus contraignantes et à une concurrence internationale sans pitié. La loi vise justement à alléger ces obstacles, pour permettre à de jeunes éleveurs de s’installer, à des exploitations de se moderniser et à notre élevage de subsister.
Cette loi pose un choix clair : produire en France, dans des conditions encadrées, ou dépendre d’importations produites avec des méthodes que nous refusons chez nous. C’est aussi cette logique qui nous pousse à dire non à l’accord avec le Mercosur.
Notre responsabilité, aujourd’hui, est de faire entendre une parole claire, ferme et factuelle. Faisons savoir à nos collègues, aux médias et aux citoyens ce que contient vraiment cette loi et pourquoi nous la soutenons.
Refusons la manipulation, défendons notre métier avec conviction, et affirmons notre attachement à une agriculture française forte, durable et souveraine.
Restons unis, déterminés et fidèles à nos valeurs.