Après le camouflet infligé aux agriculteurs lors de l’examen de la loi d’urgence agricole en commission de développement durable de l’Assemblée Nationale en début de semaine dernière, la commission des affaires économiques de l’AN a recadré le tir. Elle a validé le texte initial en reprenant une partie des amendements proposés par la FNSEA. Cet épisode ainsi qu’une lettre ouverte ambigüe du premier ministre Sébastien LECORNU aux agriculteurs ont conduit la FNSEA à répondre également publiquement à cette missive. Dans ce courrier, la FNSEA manifeste son impatience et exprime ses attentes pour sortir l’agriculture et les agriculteurs de l’impasse actuelle. Elle estime que l’heure n’est plus aux hésitations et que derrière les discours et les arbitrages politiques, le gouvernement et les élus de la nation doivent prendre en compte une réalité de terrain qui s’impose avec brutalité : explosion des charges, contraintes accumulées et concurrence internationale déloyale. Une situation aggravée par l’entrée en vigueur du Mercosur qui accentue ce déséquilibre, en ouvrant nos marchés à des produits ne respectant pas nos standards. Car selon la FNSEA, c’est bien le modèle agricole français qui est en jeu. Un modèle mis à mal depuis des années par des décisions qui tardent, s’empilent, sans garantir les moyens de produire. Une attitude qui se traduit concrètement par une crise de confiance profonde entre les agriculteurs et le politique. La FNSEA souligne que des mesures d’urgence nécessaires sont annoncées mais elles sont largement insuffisantes face à une décennie de renoncements. « La loi d’urgence à venir ne doit pas être un rendez-vous manqué de plus. Les agriculteurs attendent des décisions claires, courageuses, et durables. La question est désormais simple : le politique saura t-il enfin tenir ses engagements et défendre réellement la production agricole française ? »