Comme toutes les maladies animales, la tuberculose bovine est une épreuve pour les éleveurs, et les signaux récents sont particulièrement inquiétants. Malgré les efforts constants en matière de biosécurité, la maladie repart à la hausse dans certains départements dont une partie est limitrophe à la Manche, avec des recontaminations dans des cheptels pourtant assainis.
Face à cela, la FNSEA et ses AS animales FNPL et FNB demandent des réponses concrètes et rapides. La première urgence concerne l’indemnisation des abattages, aujourd’hui largement en deçà de la réalité des marchés de la viande. À cela s’ajoutent pour les producteurs de lait des pertes laitières en cas de suspicion ou d’infection qui ne sont pas compensées.
La gestion de la faune sauvage, dont le rôle dans la propagation de la maladie est reconnu, n’est pas par ailleurs suffisante pour enrayer ce type de maladie. Les réseaux FNSEA et JA réclament une stratégie claire et efficace de régulation, avec des moyens renforcés et une simplification des dispositifs existants.
Ils demandent également une prise en charge intégrale des coûts de nettoyage et de désinfection, indispensables mais encore partiellement financés. Enfin, au-delà des urgences, c’est une vision d’ensemble qui est attendue, avec la relance immédiate de la feuille de route nationale 2024-2029 pour lutter contre la tuberculose bovine.
Ces revendications ont été portées dans un courrier adressé à la ministre de l’Agriculture, Annie GENEVARD, en lui demandant une rencontre en urgence.
Pour les éleveurs de la Manche comme ailleurs, il y a aujourd’hui une attente forte : celle d’un engagement clair de l’État pour sécuriser les exploitations, préserver les filières et éviter une crise sanitaire et économique de plus grande ampleur au travers de la perte du statut indemne de la France pour ce type d’épizootie.